Nos actualités associatives

Groupe Miroir de la CIIVISE : les jeunes luttent contre les violences sexuelles

Lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants : un enjeu de société et de santé publique

En France, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, et 77 % de ces violences se produisent au sein du cercle familial. Cela équivaut à dire qu’1 enfant sur 10 subit de l’inceste.

L’inceste est inscrit dans le Code pénal depuis 2016 (article 222-22-3), mais les chiffres montrent la persistance du silence et de la défaillance des adultes protecteurs. Ces constats ont conduit le gouvernement à renforcer le Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, confié à la CIIVISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences sexuelles faites aux Enfants).

La CIIVISE se donne pour mission de construire un programme où les voix des mineurs occupent une place centrale et orientent les actions menées.

Le GROUPE miroir : penser avec les jeunes, pas seulement pour eux

Le Groupe Miroir, créé par la CIIVISE en 2024, s’inspire d’expériences participatives menées depuis 2016 dans d’autres domaines (lutte contre les exclusions, reconnaissance des victimes de violences dans l’Église). Il bénéficie du soutien COFRADE (Conseil Francais des Associations pour les Droits de l’Enfant)  et de CAMALEON France, une association de solidarité internationale qui développe une approche globale pour agir sur les causes et les effets des violences sexuelles à l’égard des enfants et des adolescents.

Ce groupe réunit 15 jeunes âgés de 14 à 17 ans, venus de toute la France. Ils et elles ont travaillé pendant un an sur trois thèmes principaux : la pair‑aidance entre jeunes victimes, la prévention de la pédocriminalité en ligne et la recherche sur le parcours des victimes.

Certaines propositions du Groupe Miroir reprennent les recommandations déjà émises par la CIIVISE en 2023, non pas par redondance, mais parce qu’elles en soulignent la force et l’urgence. Les jeunes y apportent une parole vivante, un éclairage nouveau qui renforce la portée des travaux de la commission. Leurs contributions confirment la nécessité d’agir, ici et maintenant.

“Ce groupe miroir est le reflet d’une jeunesse qui se lève, refuse le silence et agit.”

Le Planning Familial : un acteur de terrain engagé pour la parole et la protection des jeunes

 

Le Planning Familial agit depuis toujours pour l’émancipation et la protection des jeunes, en plaçant la parole et la prévention au cœur de ses actions. Dans ses permanences et ses interventions en milieu scolaire, il offre des espaces d’écoute confidentiels et gratuits, où chaque jeune peut être accueilli et entendu sans jugement.

Cette écoute s’accompagne d’un travail de formation des professionnels pour mieux repérer et accompagner les situations de violences. Les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) complètent cette mission : elles permettent d’aborder avec les jeunes les questions du consentement, du respect et du droit à disposer de son corps.

En cohérence avec la recommandation n°19 de la CIIVISE, qui souligne l’importance de mettre la parole des enfants au cœur des dispositifs de protection, le Planning Familial favorise leur expression dans des espaces sécurisés et accompagne les adultes référents pour qu’ils adoptent une écoute bienveillante, essentielle à la restauration de la confiance des jeunes.

Ces engagements prennent forme sur le terrain, notamment à Marseille, avec le festival “J’crains dégun” consacré à la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux minorités de genre. La seconde journée du festival, le 25 novembre, s'adresse spécifiquement aux publics scolaires, collégiens et lycéens. Ce rendez-vous est l’occasion de sensibiliser, échanger et agir collectivement pour faire reculer le silence autour des violences.

 

Besoin d’écoute ou d’orientation ? Des ressources à connaître

Le numéro vert du Planning Familial : 0 800 08 11 11
Gratuit, anonyme et accessible du lundi au samedi, ce numéro permet de parler en toute confidentialité avec des écoutants et écoutantes formé(e)s aux questions de violences, de sexualité, de contraception et de consentement.

 

Pour aller plus loin :

> Découvrez le rapport du Groupe Miroir détaillé porté par la CIIVISE, qui place la parole des jeunes au centre de la lutte contre les violences sexuelles et incestueuses.

> Découvrez J'Crains Dégun : le samedi 22 novembre et le mardi 25 novembre, dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des minorités de genre

> À écouter aussi : la série de podcasts “Paroles d’enfants” proposée par la CIIVISE recueille la voix de jeunes ayant vécu des violences sexuelles et celle d’adultes engagés à leurs côtés.

Entrée du consentement dans la définition pénale du viol et des agressions sexuelles en France

Un jour historique pour la lutte contre les violences sexuelles

Ce mercredi 29 octobre, la notion de non-consentement a été officiellement adoptée par le Sénat dans la définition pénale du viol et des agressions sexuelles en France. Les résultats sont sans appel : 327 voix pour ! Seuls les élus d’extrême droite s’étaient opposés au texte à l’Assemblée nationale.

L’amendement de ce texte, porté par les députées Véronique Riotton (Renaissance) et Marie-Charlotte Garin (Les Écologistes), et soutenu par Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, marque un tournant historique dans la reconnaissance des violences sexuelles.

Il vient acter l’obligation d’un consentement libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable, qui ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime dans la définition du viol et des agressions sexuelles.

Une redéfinition en accord avec l’Europe

Désormais, le viol est défini par « tout acte de pénétration sexuelle ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui sans son consentement ».

Formulée de la sorte, la charge de la preuve est renversée : il ne s’agit plus pour la victime de prouver qu’elle a manifesté son refus, mais pour la personne accusée de démontrer qu’il ou elle a obtenu un consentement clair. La même logique est appliquée à la définition des agressions sexuelles, à la différence qu’il s’agit d’atteintes sexuelles sans pénétration.

C’est un changement fondamental, puisqu’il rejette l’idée qu’une absence de résistance équivaut à un consentement et reconnaît le phénomène de sidération qui touche de nombreuses victimes.

Cette proposition de loi modifie l’article 222-22 du Code pénal, qui jusqu’ici qualifiait le viol sur la base de quatre critères : la présence de violence, de menace, de contrainte ou de surprise. Grâce à l’ajout du consentement dans la définition du viol, la France s’aligne sur d’autres pays européens (Suède, Espagne, Royaume-Uni, etc.) qui avaient déjà intégré cette notion, et se conforme à la Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, ratifiée en 2014.

Visibiliser et légitimer les victimes

C’est une « victoire collective », se réjouit la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. De son côté, Émilie Bonnivard (Les Républicains) souligne que « l’agresseur présumé devra désormais apporter des éléments démontrant qu’il s’est enquis du consentement de la victime », l’objectif étant de mieux protéger les victimes et de les encourager à porter plainte.

En effet, chaque année en France, environ 153 000 personnes majeures sont victimes de viols et 217 000 d’agressions sexuelles. Pourtant, seulement 6 % d’entre elles déclarent avoir porté plainte. Le taux de classement sans suite peut décourager : 94 %, selon une étude de l’Institut des politiques publiques de 2024.

Des études menées dans les pays ayant déjà adopté une définition similaire montrent une augmentation du taux de condamnation pour viol. Bien que cette évolution soit progressive et dépende de la formation des acteurs et des actrices judiciaires, elle reste significative. Par exemple, la Suède a enregistré une hausse de 75 % des condamnations pour viol dans les années suivant sa réforme.

Ce texte nous fait « passer de la culture du viol à la culture du consentement », selon Aurore Bergé, un fait important à noter et qui avait déjà été dénoncé lors du procès des viols de Mazan il y a presque un an.

Durant ce procès, de nombreux sujets avaient été abordés : le viol conjugal, la banalité des profils des violeurs, le phénomène de la soumission chimique… Gisèle Pelicot et son avocat ont pu mettre en lumière les propos et comportements qui minimisent, normalisent, voire encouragent le viol. Ce procès a constitué un moment clé dans la prise de conscience du grand public sur les violences sexuelles et a sans doute contribué, indirectement, à l’adoption de cette nouvelle loi.

 

Pour aller plus loin :

> Consultez la campagne nationale d’information sur le consentement menée par le Gouvernement français et le Secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, également relayée sur les réseaux sociaux avec le hashtag #LeConsentementÇaCompte.

> Lisez la page dédiée au consentement sexuel sur Service-Public.fr, qui détaille le cadre légal, les droits et les ressources d’aide disponibles.

> Découvrez le court-métrage « Je te tiens » de Sergio Guataquira Sarmiento (France.tv Slash), qui aborde avec justesse les zones grises du consentement à travers une mise en scène délicate et poétique.

Le Planning Familial 13 fête les 50 ans de la loi Veil

A l’occasion des 50 ans de la loi Veil qui en 1975 a légalisé le recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), le Planning Familial 13 propose d’ouvrir des espaces de rencontre et de réflexion collective sur l’histoire et les enjeux autour du droit à l’IVG en France.

Nous alertons sur les politiques nationales et coupes budgétaires récentes qui affectent l’accès aux droits des usager-es, les premier-es touché-es étant les publics jeunes et/ou en situation de précarité et les habitant-es des zones rurales. Les risques, ce sont des retards de prise en charge dont des IST non diagnostiquées, des IVG tardives, voire des situations de personnes hors-délais et de potentielles complications. Ces décisions nous fragilisent et entravent nos actions de défense des droits en matière, notamment d’accès aux soins.

Nous pensons que la défense de nos droits à disposer de nos corps et vivre une vie affective et sexuelle libre et choisie est affaire de toustes, aussi nous vous invitons à quatre temps collectifs de réflexion et d’engagement pour continuer à faire vivre ensemble ce combat.

  • Vendredi 26 septembre à 18h au Planning Familial 13 – rencontre et échange avec Raphaël Perrin, sociologue et auteur de l’ouvrage Le choix d’avorter.
  • Mercredi 12 novembre à 19h à L’Hydre au Mille Têtes - présentation de l’ouvrage collectif d’archives T’aurais pas une adresse ?
  • Vendredi 14 novembre à 18h en partenariat avec L’Hydre aux Milles Têtes au Planning Familial 13 – projection et échanges autour d’archives audiovisuelles des MLAC
  • Mercredi 10 décembre (horaires et lieu à déterminer) – rencontre à destination des professionnels des Centre de Santé Sexuelle, Centre Interruption Volontaire de Grossesse, Centre de Gynécologie Sociale autour des pratiques d’accès à l’IVG en Espagne

Pour s'inscrire à la rencontre du vendredi 26 septembre : c'est ici (:

On vous attend nombreuxses !

Notre communiqué de presse : Le Planning Familial 13 fête les 50 ans de la loi Veil !

Contre la destruction de milliers de contraceptifs !

Dans quelques heures ou dans quelques jours, l'administration Trump mettra en œuvre la décision cruelle et idéologique de détruire pour 10 millions de dollars de contraceptifs vitaux.
Ces contraceptifs sont stockés en Belgique et vont être détruits en France.

Le gouvernement français ne peut rester silencieux alors que des stocks de contraceptifs vont être détruits sur son sol, par une entreprise française, et que des millions de personnes sont mises en danger.

Nous avons besoin de vous pour interpeller le gouvernement français et empêcher la destruction de ces milliers de contraceptifs !

Pour cela vous pouvez signer la pétitition : ici ! merci 🙂

Ci-dessous la déclaration commune du Planning familial français, la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF), Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), Planned Parenthood Federation of America (PPFA), Sensoa, et Countdown 2030 Europe.

https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial/declaration-commune-reponse-au-projet-insense-du-departement-detat-americain

Le communiqué à télécharger et partager !

Le premier podcast de Parlons Sexualités !

Parlons-Sexualités lance son Podcast de l’été. L’occasion de parler ciné, séries, romans, etc. Dans l’équipe, pas de critiques à proprement parler, le but est de prendre du recul sur les objets culturels qui nous marquent ou nous questionnent sous le prisme des relations intimes, affectives, sexuelles ; tous les sujets de Parlons-Sexualités !

Voici le premier épisode où Noémie et Jeanne partagent leurs top et flop des films et séries qu’elles ont vues.

Fermeture estivale du Planning Familial 13

Le Planning Familial 13 sera fermé du

Lundi 4 août au vendredi 15 août

Nous réouvrons au public le lundi 18 août

Notre permanence d'écoute sera exceptionnellement sans rendez-vous.

 

Si dans l'été, vous ressentez un besoin d'écoute, que vous avez une question vous pouvez nos joindre

au Numéro Vert : 0800 08 11 11 

sur le tchathttps://www.parlons-sexualites.fr/

ou par mail : questions@leplanning13.org

C'est gratuit et anonyme ! 🙂

☀️Bel été à toustes ! ☀️

Soutenez le Planning familial 13, et adhérez à l'association

Le Planning Familial 13 mène des missions indispensables de prévention et de santé auprès de toute personne ayant des besoins concernant la vie affective, relationnelle et sexuelle. C'est un lieu d'écoute et d'accueil inconditionnel pour des personnes victimes de violence ou de discriminations. Chaque année, ce sont près de 24 000 personnes touchées par nos actions.

Les adhérent·es sont des relais essentiels de la pensée féministe et du mouvement du Planning Familial. Adhérer au Planning Familial 13, c'est soutenir nos actions, partager nos combats et nous permettre d'exister de manière indépendante.

L'extension de la Prime Ségur aux salarié·es du Planning Familial 13 en 2024 et l'annonce par le gouvernement de risques de baisse de subventions fragilisent financièrement notre association. Pour nous soutenir et nous aider à maintenir nos activités sur le territoire, devenez adhérent·e du Planning Familial des Bouches-du-Rhône !

Pour nous rejoindre et adhérer au Planning Familial 13, rendez-vous sur notre page HelloAsso.

L’écoute active et le métier du conseil conjugal et familial (CCF)

Une des raisons pour lesquelles on peut venir au Planning Familial, c’est pour être écouté·e pendant nos permanences à Marseille, Aix-en-Provence, Istres, Miramas et Salon-de-Provence. Cet espace d’écoute est ouvert à toustes, sans condition, de manière confidentielle, anonyme et gratuite. On peut venir au Planning peu importe son âge, son identité de genre, son orientation sexuelle, sa situation administrative. C'est un accueil inconditionnel. On peut venir parler de tout ce qui concerne la vie affective, relationnelle et sexuelle, de ce qui se passe bien et de ce qui se passe mal, mais aussi des violences du passé et du présent. On y est reçu·e par des CCF qui pratiquent ce qu’on appelle l’écoute active.

L’écoute active, c’est quoi ?

Écouter activement demande de se déplacer depuis sa position, jusqu'à celle de l'autre personne, pas pour se mettre à sa place mais pour comprendre d'où elle parle, ce qui est important pour elle, ses ressentis et ses émotions. C’est pour ça qu’au Planning nous parlons d’une écoute « centrée sur la personne ».

Notre posture d'écoute a pour but de renforcer l'autonomie et l'auto-détermination des personnes que nous recevons. Au Planning, nous pensons que chacun·e détient un savoir sur soi-même, son corps, son histoire et qu’iel sait ce qui est bon ou mauvais pour ellui. Conscient·es des enjeux de pouvoir dans le monde médico-social, en particulier entre les pros (qui auraient toutes les réponses) et les personnes accompagnées, nous nous efforçons de réduire cette asymétrie dans la relation et redonner du pouvoir de choix aux personnes. Par exemple, cela passe par l'aménagement de nos espaces d'accueil (pas de bureau, des fauteuils confortables) ou encore par le fait d'assumer nos endroits d’ignorance et de doute – dire à la personne que l'on écoute « je ne sais pas », « je ne suis pas sûr-e », « je vais vérifier »...

Le métier de conseiller·ère conjugal·e et familial·e

Au planning Familial, ce sont les CCF qui accueillent et écoutent les personnes. Les CCF remplissent des missions d’information, d’orientation et d’accompagnement dans tous les domaines liés à la vie affective, relationnelle et sexuelle, aux conduites à risques, aux discriminations, aux violences (qu'elles soient sexuelles, sexistes, conjugales, intrafamiliales...). Les CCF s'impliquent plus largement dans la promotion de la santé et dans l'éducation à la sexualité, grâce à des stratégies de réduction des risques.

Au quotidien, les CCF du PF13 accueillent les usager·ères lors des permanences d’écoute pour des entretiens individuels, de couple ou de famille, lors des accueils collectifs pour les Interruptions Volontaires de Grossesse. Iels assurent aussi des séances d’Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle auprès d’enfants et d’adolescents dans des écoles, des collèges, des lycées, mais aussi d’adultes de différentes structures du territoire.

Le PF13 est aussi un organisme de formation et propose une formation certifiante au conseil conjugal et familial (CCF) qui permet de travailler dans un Planning familial, mais également dans des centres de santé sexuelle (CSS), des centres d’interruption volontaire de grossesse (CIVG), en libéral et dans d’autres structures associatives ou institutionnelles.

Le numéro vert au Planning familial 13

Le numéro vert 0800 08 11 11, anonyme et gratuit, est accessible du lundi au samedi, de 9h à 20h. C’est un dispositif national qui propose un espace d’écoute à distance, pour lutter contre les difficultés d’accès à l’information, les inégalités dans la prévention et dans les parcours de soin.

Il s’agit d’un numéro national unique : les personnes sont ensuite redirigé·es vers des écoutant·es du Planning familial de leur région. Ces dernier·es les orientent ensuite vers des professionnel·les de la santé sur leur territoire et répondent à leurs questions sur les relations affectives et sexuelles, sur l’IVG, la contraception, les IST. La majorité des appels concernent l’IVG, et parmi ces appels la plupart sont des demandes d’informations sur les délais légaux en France, les démarches à suivre, le parcours de soin, les différentes méthodes etc. Mais les personnes se saisissent aussi du numéro vert comme d’un espace d’écoute où exprimer des ressentis, des doutes, des craintes...

 

Par téléphone, par tchat ou par mail, vous pouvez retrouver des articles, informations et orientations sur le site www.parlons-sexualites.fr

3 questions à Camille S, écoutante au numéro vert national pour l’AD13

Quelles sont les questions sur l’IVG qui reviennent souvent au numéro vert ?

D’après Camille S, les appels concernant l’IVG au numéro vert sont principalement des besoins d’informations sur l’IVG en général et sur les démarches à faire pour en réaliser une. Souvent, les appels donnent quelque chose comme « J’appelle parce que je ne sais pas comment ça se passe. Je veux des infos, expliquez-moi ! » ; « J’appelle parce que je suis enceinte et je ne veux pas le garder. Comment ça se passe ? » ; « Où est-ce que je peux faire une IVG ? Je sais plus ou moins comment ça se passe, mais je ne sais pas où aller. » Selon elle, l’enjeu principal, au numéro vert, c’est de rendre les choses plus claires.

Concernant l’accueil IVG, en quoi l’accompagnement par téléphone est-il différent par rapport à une permanence d’écoute au Planning ?

« Pour moi, c’est plutôt l’aspect info qui prend le dessus sur l’écoute. Au téléphone, les personnes se saisissent peu de l’espace d’écoute. Ici, à la perm’ au Planning, on peut prendre un peu plus de temps 30, 45 min voire 1h parfois. Au numéro vert, en moyenne, c’est 10-15 min par appel. Ce qui change aussi par rapport à la perm’, c’est l’immédiateté : souvent les personnes nous appellent en nous disant « Je viens de faire le test, je viens d’apprendre que je suis enceinte. »

Ce qui est différent aussi, c’est qu’on ne voit pas les gens. On ne peut pas interroger leur langage non-verbal. Mais on peut entendre les pleurs par contre, et interroger ça.

C’est vrai que j’entends aussi leur vie derrière elles : le gosse qui pleure par exemple à l’arrière-plan du téléphone. Au numéro vert, tu es chez elle, parfois c’est dans la voiture, parfois c’est sur la route pour aller à son cours de théâtre. Tu es dans la vie quotidienne des gens. »

Quelles évolutions vois-tu au numéro vert sur les appels concernant l’IVG depuis que tu as commencé ?

Selon Camille S, écoutante depuis 8 ans, il n’y a pas vraiment d’évolution dans les appels qu’elle reçoit au numéro vert concernant l’IVG, contrairement à la contraception – les appels pour des questions sur la contraception masculine sont nouveaux – et aux IST – depuis quelques temps, elle reçoit beaucoup d’appels au sujet du HPV, de type « Je suis positive au papillomavirus, est-ce que ça veut dire que mon conjoint me trompe ? ». Au numéro vert, les questions concernant l’IVG restent les mêmes.