Nos actualités associatives

Le 8 mars, le PF13 marche à Marseille !

 

APPEL A MANIFESTER DE L'INTER-ORGA FEMINISTE MARSEILLAISE :

Marseillais.es, rejoignez la grève générale féministe ! Marchons pour un féminisme révolutionnaire, anti-militariste, anti-impérialiste et antifasciste !

Dans le monde entier, la situation politique est marquée par le retour des guerres impérialistes et la montée de l’extrême droite, ce qui impacte les femmes et les minorités de genre. Les réactionnaires attaquent notre droit à disposer de nos corps en imposant des politiques austéritaires, anti-avortement, natalistes et autoritaires. De Milei à Orban, de Trump à Poutine, les offensives violentes se multiplient, comme la chasse aux personnes migrantes et LGBTI aux Etats Unis.

En France, Macron parle de « réarmement démographique » après avoir mené des campagnes de stérilisation à Mayotte en 2023. Il nous somme de faire des enfants dans un pays où 4000 postes d'enseignant·es ont été supprimés en 1 an, où la police tue les enfants des quartiers populaires, où les pédocriminels sont multi-récompensés, où l'on menace l'accès aux soins pour les enfants trans, et où le chef d'état major des armées nous demande d'accepter de perdre nos enfants pour leurs guerres. Nos corps ne seront pas l'outil de leurs politiques mortifères et nous ferons des enfants si on veut, quand on veut.

La constitutionnalisation de l'IVG n'est qu'une vitrine. L'austérité détruit concrètement le droit à disposer de nos corps : baisse des subventions des Plannings familiaux, casse de l’hôpital public, fermeture de maternités et de centres de santé reproductive. À Marseille, le centre de santé communautaire du Château en Santé est menacé de perdre la moitié de ses subventions.
Hôpitaux, Ehpad, crèches, écoles : ces métiers dits « essentiels » sont méprisés, sous-financés et soumis à des logiques de marché. Salaires indignes, conditions de travail intenables et pression permanente produisent des violences structurelles. Ce sont des femmes précaires, racisées et les minorités de genre qui sont surreprésentées dans ces emplois, sans reconnaissance. Les travailleur·ses du soin exigent des salaires et des conditions de travail dignes. C’est de notre travail dont la société a besoin, pas des milliardaires. Sans ces tâches essentielles, la société s’arrête.

Au delà du droit à disposer de nos corps, nous sommes toujours les plus exploitées dans le monde du travail. Cette précarité renforce la dépendance économique et empêche trop souvent de fuir les violences conjugales. C'est pourquoi nous continuons inlassablement de rappeler les chiffres de la violence patriarcale : en 2025, 165 féminicides ont été recensés, dont 8 dans les Bouches-du-Rhône. En France, toutes les 7 heures, un homme tue ou tente de tuer sa conjointe ou ex-conjointe ; toutes les 2 minutes 30, un homme viole ou tente de violer une femme ; toutes les 3 minutes, un·e enfant est victime de violences sexuelles. Les violences sexistes, racistes, transphobes, validistes ou âgistes, se croisent et se renforcent.
L’essor de l’IA participe aussi à cette violence : consommation massive de ressources, destruction d’emplois, deepfakes sexuels, harcèlement sexiste, contenus masculinistes et surveillance généralisée.

Si les macronistes, main dans la main avec le PS, font des économies sur la santé et les services publics, c’est pour mieux financer l’armée et préparer la guerre. Pendant que l’éducation et l’université sont abandonnées, ce sont des services militaires qui sont financés, n’offrant plus qu’un avenir sombre à la jeunesse qui a perdu à la loterie Parcoursup. Ce discours guerrier s’appuie sur le nationalisme et la famille patriarcale, nourrissant les idées virilistes et racistes de l’extrême droite. À Marseille, maillon clé du dispositif militaire avec Eurolinks et le port de Fos, la grève des dockers a déjà montré sa capacité à enrayer cette machine de mort. La grève féministe doit bloquer la production et la logistique militaires.

Ces attaques s'accompagnent d'un durcissement autoritaire. En France, la répression s’intensifie, notamment contre les femmes et le mouvement féministe : perquisition de la librairie lesbienne Violette and Co pour un livre sur la Palestine, répression des femmes musulmanes à l’hôpital public, interdites de porter un calot, interdiction des manifs féministes de nuit. À Marseille, cette logique sécuritaire, réactionnaire, et raciste est visible : présence démultipliée de la police dans les rues, traque des personnes sans papiers, contrôle des vendeurs.ses de l'économie informelle, fermeture du marché du soleil et des épiceries de nuit, harcèlement de lieux queer comme le Boom et la Murisserie, menaces de supprimer les subventions pour les organisations utilisant l’écriture inclusive, interdictions de manifester en soutien à la Palestine et au Rojava, arrêt du projet de la Halte Soin Addiction, agrandissement de la prison des Beaumettes. Une victoire a été obtenue avec l'annulation de la fermeture de la mosquée des Bleuets. Mais l'islamophobie et l'antisémitisme explosent, nourris par des politiques racistes.

Nous ne pouvons rien attendre d’un appareil d'Etat punitiviste qui précarise massivement les femmes et minorités de genre, réprime nos luttes et couvre les auteurs de VSSG. Notre féminisme est anti-carcéral et anti-police : la prison et la police sont des outils de contrôle social qui ciblent en priorité les classes populaires et les personnes racisées. Nous devons nous organiser en dehors des logiques répressives de l’État. Cette répression vise aussi les travailleur·euses du sexe, notamment avec la loi de pénalisation des clients, qui accroît leur précarité et leur exposition aux violences. Nous exigeons son abrogation et demandons aux syndicats de revenir sur la prise de position unitaire en soutien à cette loi.

Nous dénonçons la récupération du féminisme à des fins racistes, fascistes et impérialistes : que ce soit pour justifier des ingérences en Iran, soutenir la politique coloniale et génocidaire d’Israël comme le fait l'organisation Nous Vivrons, ou pour traiter l’affaire Epstein sous des angles antisémites, comme le font certains groupes ou médias prétendant se réclamer du féminisme. Alors que l'Assemblée Nationale respecte une minute de silence pour un militant néo-nazi quelques semaines avant les élections municipales, nous pensons qu'il faut faire front contre le groupe identitaire pseudo-féministe Némésis et tous les fascistes partout où ils et elles essaieront de s'organiser. L’État n’est pas un rempart face aux fascistes, dont les cortèges sont systématiquement protégés par la police. Solidarité avec les femmes et les peuples du monde entier : en Iran, en Palestine, au Congo, au Soudan, aux USA, au Rojava, en Afghanistan, au Turkestan Oriental, en Ukraine, en Kanaky, au Venezuela.

Comme nous défendons l'autodétermination des peuples, nous défendons l'autodétermination de nos corps et de nos identité, un investissement massif dans la santé et l'éducation, et le libre accès à la transition : dépsychiatrisée, déjudiciarisée, et prise en charge à 100 %. Nous luttons pour la dignité de chacun.e de vivre dans de bonnes conditions et dénonçons une loi sur la fin de vie qui masque l’abandon des politiques de soin et l’austérité imposée aux plus vulnérables. Nos luttes sont donc antivalidistes et transféministes ! Nous défendons un féminisme qui porte un projet politique pour toutes et tous : contre l’exploitation, toutes les oppressions et discriminations : raciste, sexiste, validiste, infantiste, putophobe et transphobe. Pour arracher tout ça, nous devons construire le rapport de force ! Notre stratégie : la grève ! Une journée de grève, c’est mettre à l’arrêt la société et interrompre le flux de la vie quotidienne. Le 8 mars 2026 est un dimanche, et ce sont majoritairement les femmes qui sont contraintes de travailler ce jour là, dans les secteurs du soin, de l'aide à la personne, du ménage et de la vente. Nous sommes essentiel·les, montrons-le en nous arrêtant. À nous de construire un monde féministe et de repenser l’organisation sociale de manière collective et solidaire. RDV au Vieux-Port à 14h le 8 mars pour une zone d'occupation féministe, puis manifestation ! TRAVAIL SALARIÉ, TRAVAIL DOMESTIQUE, SI ON S’ARRÊTE : LE MONDE S’ARRÊTE !

Qu'en est-il du masculinisme aujourd'hui ? - Partie I

Une idéologie antiféministe structurée

Au Planning familial, nous rencontrons au quotidien les effets des rapports de genre sur la vie affective, relationnelle et sexuelle, sur les violences, sur la santé mentale et sur l’accès aux droits. Comprendre le masculinisme, c’est aussi se donner des outils pour mieux lire certaines résistances à l’égalité, violences et discours qui traversent l’espace public et les espaces éducatifs.

Le masculinisme est souvent présenté comme un phénomène récent, né avec les réseaux sociaux et les influenceurs de la « manosphère ». En réalité, il s’inscrit dans une histoire ancienne de résistances aux avancées des droits des femmes. Ce mouvement se caractérise aujourd’hui par une grande diversité de discours, de profils et de supports, mais aussi par une forte cohérence idéologique : le rejet du féminisme, présenté comme responsable d’une prétendue « crise de la masculinité ».

Le masculinisme peut être défini comme un mouvement social organisé, majoritairement porté par des hommes, qui se présentent comme victimes du féminisme. Il repose sur une vision binaire et essentialiste des sexes, postulant des différences biologiques naturelles et immuables entre hommes et femmes, utilisées pour justifier des rôles sociaux hiérarchisés. Il s’agit d’une idéologie réactionnaire : elle ne vise pas à transformer les rapports sociaux, mais à s’opposer aux acquis féministes.

Les analyses féministes des dominations y sont inversées : les hommes sont décrits comme dominés, discriminés, voire opprimés par les femmes et par les politiques d’égalité. Le féminisme n’est plus pensé comme un mouvement d’émancipation, mais comme un système de pouvoir hégémonique. Cette inversion permet de produire un discours de légitimation : au nom d’une prétendue oppression masculine, il deviendrait légitime de s’opposer aux politiques publiques d’égalité, aux études de genre et aux luttes contre les violences sexistes et sexuelles. Des combats qui sont au cœur des missions du Planning familial.

Ce discours s’accompagne fréquemment de la dénonciation d’une supposée « domination féministe », nourrie par des rhétoriques complotistes : « les femmes auraient pris le pouvoir », « la masculinité serait colonisée », « les hommes seraient devenus une minorité opprimée ». La « crise de la masculinité » est ainsi construite comme un fait social global, déconnecté des réalités matérielles des rapports de domination, mais chargé sur le plan affectif et identitaire.

Une généalogie ancienne des discours antiféministes

Contrairement à certaines idées reçues, le masculinisme n’est pas né avec Internet. Dès la Révolution française, lorsque les femmes commencent à revendiquer des droits civiques et politiques, on observe l’émergence de discours antiféministes structurés, visant à naturaliser l’exclusion des femmes de la citoyenneté. À chaque avancée majeure pour l’égalité, des contre-mouvements se déploient.

Le masculinisme contemporain se consolide particulièrement à partir des années 1970, dans le contexte de l’évolution du droit de la famille : légalisation du divorce, transformations de l’autorité parentale, reconnaissance du viol conjugal, politiques d’égalité professionnelle. Des groupes de « défense des droits des pères » se constituent, mobilisant notamment la notion controversée de « syndrome d’aliénation parentale », pour dénoncer un système judiciaire présenté comme structurellement favorable aux mères.

Dans les années 1980-1990, ce courant se renforce dans un climat de backlash. Le féminisme est alors accusé de détruire la famille, de désorganiser la société et de fragiliser l’autorité masculine. Des discours que l’on retrouve encore aujourd’hui dans certaines oppositions à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

Le tournant numérique

L’arrivée d’Internet marque un tournant décisif. Elle permet la mise en réseau internationale de groupes masculinistes, la circulation de concepts communs et la constitution d’une véritable contre-culture numérique. Forums, blogs, puis plateformes vidéo deviennent des espaces privilégiés de socialisation idéologique.

Le masculinisme ne se présente plus seulement comme un discours politique, mais comme une vision globale du monde, proposant à la fois une explication aux souffrances individuelles, un ennemi commun et un modèle de subjectivité masculine fondé sur la domination, la performance et la défiance à l’égard des femmes.

Qu'en est-il du masculinisme aujourd'hui ? - Partie II

La manosphère, un écosystème idéologique numérique

Le masculinisme se déploie largement au sein de ce qu’on appelle la manosphère, un ensemble de forums, chaînes vidéo, comptes et plateformes réunissant coachs en séduction, groupes « incels », militants masculinistes, influenceurs antiféministes et sphères d’extrême droite.

Cet univers fonctionne comme un écosystème idéologique poreux. Les concepts, récits et références circulent d’un espace à l’autre : les théories du complot, le vocabulaire spécifique comme red pill, la hiérarchisation « alpha/bêta », glorification du « mâle dominant ». Les plateformes favorisent cette circulation par leurs logiques algorithmiques, qui mettent en avant des contenus clivants, émotionnels et engageants.

Le succès de ces discours tient aussi à leur pouvoir de simplification. Ils proposent une lecture du monde où les difficultés individuelles (solitude, échecs affectifs, précarité, sentiment d’injustice, mal-être psychique) sont attribuées à un ennemi clairement identifié : les femmes, le féminisme, ou un système supposément « féminisé ». Cette externalisation de la responsabilité peut produire un soulagement psychique temporaire, au prix d’une radicalisation des représentations, d’une rigidification identitaire et d’une légitimation de la haine.

La mouvance incel : entre désespoir, haine et déterminisme

Parmi les courants les plus visibles figure la mouvance incel (involuntary celibates). Elle repose sur l’idée que certains hommes seraient biologiquement ou socialement condamnés à l’exclusion sexuelle et affective, du fait des femmes et d’un « marché amoureux » jugé injuste.

Ce discours est structuré par une hiérarchisation violente des hommes eux-mêmes : opposition entre « alphas », « bêtas », « losers », et idéalisation du chad, figure fantasmée de l’homme séduisant, dominateur et valorisé. Il s’accompagne de pratiques comme le looksmaxxing, et d’une vision profondément déterministe, biologisante et déshumanisante des relations.

La haine des femmes y est centrale, souvent intriquée à une haine de soi, à des vécus dépressifs, à des expériences de rejet et d’isolement. Dans ses formes les plus extrêmes, ce courant a été associé à plusieurs attentats et passages à l’acte meurtriers, revendiqués au nom de cette idéologie.

 

Porosités politiques, économie de l’attention et santé mentale

Le masculinisme entretient des connexions avec l’extrême droite : partage de cadres complotistes, antiféminisme, rejet des études de genre, mais aussi récupération opportuniste de discours féministes à des fins xénophobes ou islamophobes. Il peut également compter sur des alliées féminines issues de courants conservateurs, les « trad wives », qui promeuvent un retour à des rôles de genre stricts.

Aujourd’hui, le masculinisme est aussi un marché. Coaching, formations, abonnements, contenus viraux : il s’insère pleinement dans l’économie de l’attention. Ces discours trouvent un écho particulier chez des jeunes hommes en situation de détresse psychologique, en quête de repères, d’appartenance et de reconnaissance.

Masculinisme et actualité : un enjeu désormais politique et sécuritaire

Cette analyse est confirmée par l’actualité institutionnelle, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a récemment alerté sur la montée du masculinisme, désormais qualifié d’enjeu de sécurité nationale, en soulignant les risques de radicalisation, de violences et de diffusion massive de discours de haine.

Ce rapport met en lumière le rôle central des plateformes numériques, la circulation transnationale des idéologies masculinistes, et la nécessité de penser ce phénomène non plus comme marginal, mais comme un problème social, politique et de santé publique. Il identifie le cybersexisme comme la première forme de discours de haine en ligne, avec 84 % de victimes qui sont des femmes.

Une des 25 recommandations de ce rapport est de rendre les séances d’EVARS obligatoires et donner un cadre et des moyens pour les appliquer.

Quelles pistes face au masculinisme ?

La lutte contre le masculinisme ne peut se limiter à la seule répression pénale. Plusieurs axes se dégagent : régulation des plateformes, soutien aux associations féministes, développement de l’EVARS, renforcement de l’arsenal juridique et prise en compte de la santé mentale des garçons et des jeunes hommes.

Le masculinisme n’est ni marginal ni anecdotique. Le comprendre dans sa complexité historique, idéologique et psychique est une condition essentielle pour construire des réponses politiques, éducatives et cliniques.

Planning familial : se former, comprendre, agir
Face à la montée des discours masculinistes et aux alertes récentes des institutions, le Planning familial propose des formations, temps de sensibilisation et espaces d’échange à destination des professionnels, bénévoles et du grand public.

Ces actions visent à :

  • mieux comprendre les mécanismes idéologiques à l’œuvre
  • repérer les processus de radicalisation
  • renforcer la prévention des violences
  • soutenir une éducation populaire et féministe

Elles s’inscrivent dans le développement de l’EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle), levier essentiel pour déconstruire les stéréotypes de genre, promouvoir une culture du consentement et outiller les jeunes face aux discours de haine.

=> Retrouvez le planning des formations sur notre site, ainsi que nos rencontres et actions sur notre Instagram.

Pour aller plus loin :

> France TV - "MASCUS : Infiltration chez les hommes qui détestent les femmes"

> La Fabrique du Mensonge : Affaire Johnny Depp/Amber Heard 

> Podcast - “Est ce que les masculinistes vont bien ?"

> Livre de Pauline Ferrari “Formés à la haine des femmes”

> Rapport 2026 sur l'état des lieux du sexisme en France : la menace masculiniste 

Le bénévolat au Planning Familial 13

Au Planning familial 13, l’équipe des bénévoles s’investit dans diverses missions :

  • sur les stands de prévention en santé sexuelle, en milieu étudiant, festif, dans des centres sociaux, sur des événements associatifs et universitaires ;
  • pour accompagner les temps collectifs des jeudis matin pour réaliser son IVG médicamenteuse dans les locaux du PF13 ;
  • au sein du réseau d’accompagnement des personnes mineures qui réalisent une IVG et qui n’ont pas de personne majeure pour les accompagner.

En plus de ces activités, les bénévoles se mobilisent au sein de différents groupes : le groupe com’ qui s’occupe de produire du contenu pour les réseaux sociaux du PF13 et le comité de rédaction du site parlons-sexualites.fr. Il y aussi une équipe chargée de référencer les pharmacies pour s'assurer que les nouvelles lois de gratuité sont bien respectées et lutter contre la désinformation. Et, ponctuellement, des groupes se constituent pour organiser des événements : pour récolter de l’argent pour la caisse de soutien aux femmes hors des délais légaux pour avorter en France, afin de les aider à réaliser leur IVG à l’étranger ; pour participer à des événements politiques ; ou encore pour organiser des rencontres avec des artistes engagés.

En tant que volontaires en service civique, on peut faire le lien entre l’équipe bénévole et l’équipe salariée, et accompagner les envies d’engagement des unes et les besoins des autres ! Des réunions de l’équipe bénévole ont lieu tout au long de l'année. Et plusieurs fois par an, on organise des temps d’accueil et des formations pour les nouveaux et nouvelles bénévoles. Elles sont pensées pour transmettre à toutes et tous, grâce aux méthodes de l’éducation populaire, les bases pour s’engager comme bénévole au PF13. Au programme : les principes et valeurs fondamentales du Planning, les connaissances sur les principales thématiques de la santé sexuelle (l’IVG, la contraception, les IST et les violences), la posture d’écoute et les manières d’intervenir auprès des publics rencontrés dans nos actions et principalement sur nos stands.

Pour s’engager au PF13 en tant que bénévole, vous pouvez nous écrire à benevolat@leplanning13.org !

 

Célébration des 20 ans du ProDAS au Planning Familial !

Un programme pionnier pour les compétences psychosociales

Cette année, le Planning familial 13 célèbre les 20 ans de mise en œuvre du ProDAS dans les établissements scolaires de Marseille. Ce programme, initialement appelé Human Development Program (HDP), a été créé dans les années 1960 aux États-Unis par Harol Bessel, Uvaldo Palomares et Géraldine Ball. Puis, traduit au Québec dans les années 1970 par Jacques Lalanne. Il constitue aujourd’hui une référence dans le développement affectif et social des enfants et des adolescents.

Le ProDAS est un programme pédagogique structuré qui vise à développer les compétences psychosociales, prévenir les violences et les discriminations, et promouvoir le bien-être des jeunes. Il a été la première méthode organisée de développement personnel et social destinée aux groupes d’enfants et d’adolescents, ce qui en fait un outil pionnier dans le domaine de l’éducation émotionnelle et relationnelle.

Depuis 2005, le Planning familial 13 intervient dans les écoles primaires marseillaises, et depuis 2018 dans les lycées, afin de proposer des séances régulières adaptées à chaque âge. Les activités proposées sont variées : groupes de parole, jeux autour des émotions, exercices favorisant l’écoute, la confiance en soi et la coopération. Ces temps permettent aux enfants et adolescents d’améliorer leur expression, leur compréhension ainsi que la résolution pacifique des conflits.

Le ProDAS agit de manière coordonnée sur trois dimensions essentielles du développement humain : la conscience de soi et des autres ; la réalisation de ses capacités, liée à l’estime de soi ; l’interaction sociale et la construction de relations plus sereines.

En travaillant dès le plus jeune âge, dès 4 ans, et tout au long de la scolarité, le programme offre aux enfants la possibilité d’apprendre à exprimer leurs sentiments et leurs pensées, à mieux se connaître et à mieux s’accepter mutuellement. Il favorise ainsi l’émergence d’attitudes constructives, soutenant des environnements scolaires plus apaisés et inclusifs.

Reconnu au niveau national, le ProDAS est inscrit dans le répertoire de Santé publique France des interventions probantes ou prometteuses en matière de prévention et de promotion de la santé.

Une journée d’échanges pour célébrer 20 ans d’action

À l’occasion de ses 20 ans de déploiement local, le Planning familial 13 à organisé le mercredi 3 décembre, une journée de rencontre et d’échanges professionnels. Cela a permis de réaffirmer notre engagement à poursuivre ce travail essentiel auprès des enfants et des jeunes, en collaboration avec les équipes éducatives et les partenaires du territoire.

Les enseignants et enseignantes ayant mis en place le ProDAS ont souligné les effets bénéfiques autant pour les élèves que pour l’équipe pédagogique.

Enseignante de CE1 : « J’ai enfin pu donner la place qu’elle mérite à la dimension du vivre ensemble dans notre métier. Ces points du programme étant difficiles à mettre en œuvre, le ProDAS a permis aux enfants de grandir dans leurs interactions et leurs comportements civiques. Je laisse plus de place à l’expression de chacun, à la négociation, et je pose un regard plus positif sur eux. »

« Au sein de l’équipe, les relations ont évolué aussi : ce sont les mêmes effets qu’avec les élèves. Il y a une meilleure cohésion ; on partage de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’agir ; nous parlons le même langage. »

Les témoignages montrent à quel point le ProDAS constitue un outil puissant de transformation, non seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes qui les accompagnent.

L'enjeu aujourd'hui est de favoriser l'implantation et le déploiement du programme sur de nouveaux territoires, en continuant à former de nouveaux opérateur, à sensibiliser les futurs enseignants et enseignantes des écoles et de l’instaurer dans les autres associations départementales du Planning Familial.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo récapitulative de cette journée ci dessous :

Interview d'une conseillère conjugale et familiale et accompagnante au ProDAS

6 questions à Camille S, Conseillère Conjugale et Familiale et accompagnante au ProDAS

 

Depuis quand es-tu engagée dans la mise en œuvre du programme ProDAS, et comment as-tu été formée à cette approche ?

"Je suis engagée dans le ProDAS depuis 2017. J’ai été formée un peu par hasard, alors que j’étais encore en formation de conseillère conjugale et familiale. Il restait des places, j’étais curieuse, et j’ai tout de suite eu envie de découvrir le programme.

Après la formation, j’ai été immédiatement séduite. Quand j’ai ensuite été embauchée au Planning, on m’a proposé d’accompagner des enseignants formés au ProDAS, et j’ai accepté. C’est comme ça que j’ai commencé.

Aujourd’hui, je ne me verrais pas arrêter. J’aime beaucoup ce programme, le contact avec les enseignants, et le fait d’être dans les classes, surtout en maternelle. C’est une vraie bulle d’oxygène dans ma semaine."

Quelles évolutions du ProDAS as-tu observées au fil de ta pratique ?

"Il y a toujours eu des inquiétudes autour du nombre de séances, notamment sur la possibilité de faire les quinze séances prévues. Une fois, on a dû raccourcir pour des raisons de budget, et ce n’est jamais très confortable, parce que chaque séance compte.

Sinon, une évolution importante, c’est que le ProDAS s’est progressivement développé vers d’autres niveaux. En 2017, il n’était pas proposé au collège ou au lycée, et aujourd’hui, c’est quelque chose qui commence à se penser davantage."

Sur une année de pratique du ProDAS, quelles évolutions observes-tu chez les professionnels ou les enfants ?

"Chez les enseignants, il y a souvent un vrai changement de regard sur les enfants. Ils deviennent plus attentifs aux émotions, plus à l’écoute, et disent souvent qu’ils redécouvrent leur classe. Il y a aussi une évolution de posture : écouter autrement, sortir du cadre scolaire classique, ce n’est pas évident, mais très riche.

Chez les enfants, les évolutions sont souvent très visibles. Des enfants qui ne parlaient pas au début osent prendre la parole, raconter, reformuler. Être écouté, se sentir compris, ça joue énormément sur l’estime de soi.

On voit aussi beaucoup de choses dans le non-verbal : les regards, les sourires, la fierté lors d’une première prise de parole. Et parfois, à l’inverse, des enfants très moteurs en classe deviennent très silencieux dans le cercle, parce que le cadre est différent."

Quelles sont les principales difficultés ou obstacles que tu rencontres dans l’animation des séances ProDAS ?

"La principale difficulté, ce n’est pas le contenu, mais la régularité. Le ProDAS a besoin de continuité. Quand les séances sont trop espacées à cause d’absences, de grèves ou d’imprévus, la dynamique se perd.

Idéalement, les séances doivent avoir lieu toutes les semaines. Quand il y a trop de coupures, surtout sur de longues périodes, ça devient compliqué, autant pour les enfants que pour les enseignants."

Selon toi, quels éléments permettraient d’améliorer encore la mise en place du ProDAS ?

"Honnêtement, je trouve que ça fonctionne déjà bien. À mon niveau, je ne me sens pas en difficulté avec le dispositif. Même s’il y a des choses avec lesquelles je ne suis pas toujours d’accord, ça ne m’empêche pas de continuer.

Chaque année, j’ai des accompagnements, et je n’ai aucune envie d’arrêter. Au contraire, j’aimerais parfois en faire plus. Quand je vais à l’école, surtout en maternelle, je suis vraiment contente. Les enfants sont très en demande, parfois très collants, mais ça reste très touchant. Ça me confirme que j’aime ce que je fais."

Peux-tu nous partager un moment qui t’a particulièrement marquée dans ton expérience avec le ProDAS ?

"Je n’ai pas un moment précis en tête. J’ai plutôt l’impression que, dans chaque accompagnement, il y a toujours un petit moment fort, presque magique.

Souvent, ce sont des prises de parole très simples, mais très justes. Des enfants qui disent quelque chose avec beaucoup de sincérité, et là tu te dis : « waouh ». Même très petits, ils peuvent être profondément surprenants.

Je me souviens quand même d’un cercle en CP-CE1 autour de la tristesse. Les enfants ont parlé de perte, de deuil, et ce que ça a provoqué dans le groupe était très fort. On sentait une vraie écoute collective.

Ce qui me marque le plus, finalement, c’est cette capacité des enfants à surprendre. Dans chaque accompagnement, il y a presque toujours un moment où quelque chose de fort se passe."

Comment soutenir le Planning Familial 13 ?

S’engager en tant que bénévole en 2026 : et si c’était votre résolution ?

Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas ! C’est souvent le moment où l’on fait le point, où l’on imagine de nouvelles perspectives et où l’on se projette vers l’année à venir.

Et si 2026 était pour vous l’occasion de vous engager ?

Rejoindre le Planning Familial en tant que bénévole, c’est participer à une dynamique collective, prendre part à des actions qui portent des valeurs fortes, et contribuer,  à votre manière, à faire avancer les droits et l’information pour toutes et tous. C’est aussi l'opportunité de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir un fonctionnement associatif, et de trouver un espace où chaque personne peut apporter quelque chose, selon ses envies et ses disponibilités.

Si l’idée vous plaît, il vous suffit de nous envoyer un petit mail à : benevolat@leplanning13.org

Une réunion d’accueil pour les bénévoles aura lieu début janvier, pour vous permettre d’en savoir plus sur l’association, son fonctionnement et les différents projets auxquels vous pourrez prendre part.

 

Vous pouvez nous soutenir autrement !

Le Planning Familial 13 mène des missions indispensables de prévention et de santé auprès de toute personne ayant des besoins concernant la vie affective, relationnelle et sexuelle. Il est aussi reconnu comme un lieu d’écoute et d’accueil non spécifique pour des personnes victimes de violence ou de discriminations. Cette année, près de 22 000 personnes ont été touchées par nos actions.

Recommandations de fin d’année : le “Calendrier de l’avenir”

Pour terminer l’année en douceur (et en réflexion !), on vous propose aussi de découvrir notre “Calendrier de l’avenir” sur Instagram [planning_familial13] : chaque jour, une recommandation, une idée, une ressource pour soutenir vos droits, et imaginer collectivement un futur plus juste.

N’hésitez pas à aller y jeter un œil pour vous inspirer, partager, ou simplement ouvrir une petite fenêtre d’horizon en cette fin d’année.

Toute l’équipe vous remercie et vous souhaite de bonnes fêtes !

Le ProDAS fête ses 20 ans à Marseille

Le Programme de Développement Affectif et Social (ProDAS) a été conçu en Amérique du Nord il y a 50 ans. En 2005, le Planning Familial 13 se forme et importe le programme en Europe et le développe dans les écoles maternelles, élémentaires, les collèges et, depuis 2018, dans les lycées professionnels. Le ProDAS s’appuie sur la pratique de cercles de paroles et d’activités pédagogiques. C’est un programme de promotion précoce en santé mentale qui vise à favoriser le bien-être et prévenir les violences en développant les compétences psycho-sociales.

En 20 ans, nous avons formé et accompagné plus de 1 000 enseignant.es. Le programme a directement été déployé auprès de 7 500 élèves de 4 à 18 ans des Bouches-du-Rhône. Aujourd’hui, le ProDAS est en cours de déploiement sur l’ensemble de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ainsi que dans un grand nombre de départements du territoire national.

Le Planning Familial 13 vous invite à célébrer les 20 ans du ProDAS autour d’une journée de rencontre et d’échanges professionnels

Le mercredi 3 décembre 2025
A 9h aux Archives Départementales (18-20 rue Mirès – 13003 Marseille)

Programme
 
9h : accueil - café

9h30 – 12h30 : Le ProDAS d’hier à aujourd’hui - historique et témoignages :
- présentation du ProDAS par le Planning Familial 13 ;
- prise de parole des financeurs et partenaires ;
- témoignages d'enseignant.es formé.es et exerçant le ProDAS.

14h – 14h45 : Le PRODAS : un programme "Compétences PsychoSociales " pour promouvoir la santé - Marie-Claure Lagouanelle - AMU-APHM

15h – 16h30 : Ateliers d’analyse de la pratique pour les personnes pratiquant le ProDAS
ou Atelier pour les opérateurs régionaux ProDAS
ou Atelier de découverte du ProDAS

L’inscription est gratuite et obligatoire (dans la limite des places disponibles), nous réservons la priorité aux personnes exerçant en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Je m'inscris