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L’EVARS : pourquoi former à la vie affective, relationnelle et sexuelle ?

Depuis les années 1970, Le Planning Familial intervient dans les écoles, collèges, lycées, Maisons Familiales et Rurales ou encore Instituts Médico-Éducatifs pour animer des séances d’éducation à la sexualité.

Ces temps d’échange, adaptés à l’âge des enfants et des jeunes adultes, ont pour objectif de compléter l’éducation donnée par les familles, de les aider à faire le tri parmi les nombreuses informations qu’ils et elles reçoivent, et de leur offrir un espace de parole fondé sur la confiance, l’écoute et la confidentialité.

À la rentrée 2025, un nouveau programme national est entré officiellement en application : l’EVAR/EVARS. Il marque une reconnaissance institutionnelle forte de l’importance de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle mais aussi du besoin de former les professionnels de l’Éducation nationale à ces enjeux.

EVAR, EVARS : de quoi parle-t-on ?

Le programme national distingue désormais deux volets complémentaires :

> L’EVAR (Éducation à la Vie Affective et Relationnelle) pour l’école maternelle et élémentaire ;

> L’EVARS (Éducation à la la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité) pour le collège et le lycée.

Ce programme s’inscrit dans le cadre défini par Organisation mondiale de la Santé et par la Convention internationale des droits de l’enfant, qui rappellent l’obligation des États de protéger les enfants, notamment contre les violences et les abus sexuels.

L’éducation à la vie affective et sexuelle ne relève donc pas uniquement d’un “plus” éducatif : elle touche directement :

  • au droit à la santé,
  • au droit à l’information,
  • au droit à l’éducation,
  • et au droit de disposer librement de son corps.

Elle constitue aussi un levier essentiel pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, prévenir les discriminations, favoriser l’égalité entre les genres et les orientations sexuelles, et permettre aux jeunes de construire des relations respectueuses et consenties.

Une obligation légale encore trop peu appliquée

La loi du 4 juillet 2001 prévoit déjà trois séances annuelles d’éducation à la sexualité par niveau scolaire, de l’école au lycée. Pourtant, dans les faits, cette obligation reste encore très inégalement appliquée sur le territoire.

Cette question apparaît d’autant plus importante que plusieurs études montrent que les premières violences sexuelles surviennent souvent très tôt dans l’enfance. L’âge moyen des premières violences sexuelles se situe autour de 8 à 9 ans selon plusieurs enquêtes de santé publique, alors même que les discussions autour de la sexualité restent souvent tardives dans les parcours scolaires.

L’enjeu est donc aussi préventif : donner aux enfants des mots, des repères et des ressources pour comprendre ce qu’ils vivent, identifier des situations de violence et savoir vers qui se tourner.

Comment se déroulent les séances ?
Les interventions proposées par le Planning Familial reposent sur une démarche d’éducation populaire : chaque personne est considérée comme porteuse de savoirs construits à partir de ses expériences et de ses représentations.

Les séances se font en présence d’un ou d’une enseignante de l’établissement, elles durent généralement entre 1h et 2h, elles peuvent se faire en classe entière ou en demi-groupe, en groupes mixtes ou non.

Les questions abordées sont d’abord celles des enfants et des jeunes eux-mêmes, mais les personnes qui animent peuvent également ouvrir la discussion à partir de différents supports ou thématiques.

Parmi les sujets fréquemment abordés :

  • le consentement,
  • les relations affectives,
  • les stéréotypes de genre,
  • le sexisme et l’homophobie,
  • la prévention du VIH et des IST,
  • la contraception et l’IVG,
  • les violences sexuelles,
  • les usages d’internet et des réseaux sociaux,
  • ou encore les représentations véhiculées par la pornographie.

Ces espaces permettent de poser des questions sans jugement, d’apprendre à écouter les autres et de développer un regard critique sur les normes sociales et les informations circulant en ligne.

Former aussi les professionnels

L’un des enjeux majeurs du nouveau programme EVAR/EVARS est également la formation des personnels éducatifs.

Dans ce cadre, le Planning Familial participe déjà à des formations destinées aux pros de l’Éducation nationale sur la base du volontariat des personnes en lien avec les académies et les structures de formation.

Les objectifs sont notamment de comprendre le programme EVAR/EVARS et sa progressivité, d’adopter une posture professionnelle adaptée, d’inscrire son action dans un cadre éthique et réglementaire et d’intégrer les enjeux d’égalité dans les pratiques éducatives.

Pour autant, le Planning Familial maintient que l'intervention d’une personne extérieure lors de ces séances apparaît souvent précieuse pour permettre une parole différente, parfois plus libre, sur ces sujets sensibles.

Et les parents dans tout ça ?
Parler de vie affective et sexuelle avec ses enfants n’est pas toujours simple. Pourtant, il est essentiel que les jeunes puissent trouver des réponses adaptées à leurs questions.

Les parents peuvent participer à des temps d’échange organisés avec les établissements scolaires, venir parler de leur difficulté lors des permanences du Planning Familial, ou simplement être accompagnés pour trouver des mots adaptés selon l’âge de leur enfant.

L’éducation à la vie affective et sexuelle concerne toute la communauté éducative !

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