
Cet été, l’équipe du Planning Familial 13 vous embarque à travers une sélection de lectures vibrantes, féministes et profondément bouleversantes. Du refuge enneigé des forêts canadiennes à l'exploration des inégalités dans un monde de bots futuristes queer, en passant par les luttes ouvrières, les mémoires décoloniales, la poésie engagée et la puissance des solidarités trans et lesbiennes : ces ouvrages interrogent nos identités, nos deuils et nos histoires collectives. De quoi nourrir nos esprits, panser nos blessures et faire le plein de force pour la rentrée !
Encabanée – Gabrielle Filteau-Chiba (2018)
Lassée par un quotidien aliénant, Anouk quitte Montréal pour s’installer dans une cabane abandonnée de la région du Kamouraska. Au milieu de l’hiver canadien, elle apprend peu à peu les gestes essentiels pour subsister en pleine nature et redonner du sens à son existence. Ce roman inaugure une trilogie qui explore la place de l'humain dans la Nature, que nous vous recommandons chaleureusement de poursuivre avec Sauvagine (2020) et Bivouac (2021).
Un bref instant de splendeur – Ocean Vuong (2019)
Rédigé sous la forme d’une lettre adressée à une mère analphabète qui ne la lira jamais, ce roman retrace l'histoire d'une famille marquée par les traumatismes de la guerre du Vietnam. À travers une écriture poétique et poignante, l'auteur explore la schizophrénie d'une grand-mère, la violence intrafamiliale, mais aussi la découverte du désir, de l'homosexualité et le pouvoir réparateur des mots.
Toutes nos larmes - L'antiféminisme et la mort – Clovis Maillet Monory (2026)
À partir de la mort d’une mère écrasée par l’antiféminisme et dissoute dans l’eau d’un fleuve, d’un texte retrouvé dans les affaires personnelles de la défunte et du surgissement des souvenirs de ce qui a été vécu dans l’enfance, ce livre veut penser la condition sociohistorique des femmes et des minorités de genre qui subissent la violence et vivent avec les mortes. D’une intensité bouleversante, l’enquête familiale et historique de Clovis Maillet Monory entrelace avec brio nos deuils intimes et collectifs.
Un soupçon de crachat – Pat Parker (2026)
Sa poésie est farceuse et documentaire : elle y déploie son esprit tranchant et sa voix sardonique pour dénoncer les injustices et les violences produites par le racisme, le sexisme, l'homophobie et la négligence étatique. Convaincue de la possibilité du changement social, l'autrice nous invite à construire la solidarité politique à travers les différences et à honorer la puissance réparatrice de la sororité noire et du désir lesbien.
Grève de masse, parti et syndicat – Rosa Luxemburg (1906)
Cet essai politique majeur analyse les enseignements de la révolution russe de 1905 pour repenser la stratégie du mouvement ouvrier européen face au réformisme. Un classique indispensable pour se rappeler la force des luttes collectives, redonner de l'élan à nos engagements et faire le plein d'énergie militante pour attaquer la rentrée face au fascisme (disponible gratuitement en ligne sur ce lien).
Pardonner à nos mères – Claire Richard (2026)
Une exploration du lien mère-fille à l'aune des apports féministes. À travers son récit intime et une enquête auprès de 150 femmes, l’autrice explore la peur qu'ont les filles de devenir comme leur mère, non comme un simple conflit psychologique, mais comme l’effet du patriarcat dans les familles et de la violence que les femmes subissent, voire reproduisent, depuis des générations.
Transatlantique – Camille Corcéjoli (2025)
Un road trip porté par l’amitié, la joie et la tendresse. Alex embarque pour les États-Unis avec Louise, Djo et Harli, ses ami·es de toujours, dans un voyage durant lequel il va se défaire de ses seins. La double narration dynamique nous invite à partager ce quotidien à travers des dialogues particulièrement enlevés où la joie l’emporte, tout en nous propulsant dans des scènes du passé, à l'image de la réalité de la violence transphobe... et de la poésie.
Les Semeuses – Diane Wilson (2025)
Un superbe roman qui retrace le parcours de quatre générations de femmes de la tribu Dakhóta qui renouent avec leur passé enfoui. Descendantes de lignées brisées par le colonialisme, ces femmes à l’âme d’acier se révèlent liées par la culture des graines – un savoir-faire transmis de génération en génération. Car ces graines sont autant de promesses d’espoir et de vie renouvelées, malgré la misère, l’injustice et les deuils.
Il n'y aura pas de sang versé – Maryline Desbiolles (2026)
Rien ne les destinait à se rencontrer, sinon le besoin de gagner leur vie : Toia la Piémontaise arrive à Lyon en diligence, ne sachant ni lire ni parler le français, pas plus que Rosalie Plantavin, dont l’enfant est resté en pension dans la Drôme, où sévit la maladie du mûrier. La pétillante Marie Maurier vient de Haute-Savoie. Seule Clémence Blanc est lyonnaise : elle a déjà la rage au cœur après la mort en couches de l’amie avec qui elle partageait un minuscule garni, rue de la Part-Dieu.
Le Ventre de la forêt – Marie Hélène Poitras (2024)
À Noirax, les hommes font régner leurs lois depuis des décennies. Mais lorsque Aliénor, une jeune femme libre et déterminée à faire toute la lumière sur ses origines, fait son entrée dans le domaine de la Malmaison, le quotidien de la famille patriarcale est bouleversé. Tandis que se craquelle le vernis de la légende familiale, les femmes se rappellent au souvenir de tous pour faire tomber les masques et écrire leur propre histoire.
La Séquence Aardtman – Saul Pandelakis (2021)
Dans ce monde futuriste, deux récits se succèdent : celui de Roz, un homme transgenre qui se réveille à bord d’un vaisseau spatial autogéré, et celui d’Asha, une bot transgenre qui épouse la cause des bots en étudiant l’incarnation des intelligences et leur finitude. Quand l’IA du vaisseau de Roz vrille de manière inexplicable, une connexion inattendue s’établit entre ces deux êtres que tout séparait.
Là où les chiens aboient par la queue – Estelle-Sarah Bulle (2018)
À travers les souvenirs d'Antoine, femme indomptable de la famille Ezéchiel, ce roman retrace l'histoire d'une famille qui épouse celle de la Guadeloupe des années 1950 jusqu'à l'exil vers la Métropole. Sa nièce, née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement ces souvenirs-pépites. Au fil de leurs conversations, Antoine fait revivre pour l'enfance en campagne, les taudis de Pointe-à-Pitre, l'irruption du roi béton et la poésie piquante du créole.
Un autre pays – James Baldwin (1962)
Né du suicide tragique d'un jeune homme noir écrasé par le racisme et l'humiliation du monde cruel des Blancs, ce drame est le point de départ d’une œuvre émouvante, violente et passionnée. À travers la disparition de Rufus Scott, le roman suit des personnages à la recherche d’eux-mêmes et du bonheur, qui tentent désespérément de renverser les barrières de la ségrégation raciale et des conventions bourgeoises.

