Actu associative

Retour sur le 8 mars 2026 : une mobilisation historique

Ce dimanche 8 mars 2026 restera comme une journée de mobilisation exceptionnelle pour les droits des femmes et des minorités de genre.

Dans un contexte politique particulièrement lourd, marqué par les suites des procès Pelicot, la médiatisation croissante des violences sexistes et sexuelles de l’affaire Epstein, et des conflits armés à l’échelle mondiale, la réponse a été massive. Partout en France, près de 200 000 personnes ont manifesté. À Marseille, nous étions 20 000 à faire vibrer la Canebière, dans un élan collectif, déterminé et solidaire.

“Nos corps ne sont pas des champs de bataille”

Au cœur des cortèges, les slogans ont résonné avec force. Face aux violences, à leur instrumentalisation politique et aux oppressions systémiques, le message était clair : nos corps nous appartiennent.

Cette mobilisation a porté des voix multiples, mais unies par des valeurs communes : féministes, antifascistes, antiracistes et solidaires. Elle a rappelé que les luttes pour les droits des femmes et des minorités de genre sont indissociables des combats contre toutes les formes de domination.

Le Planning Familial 13 s’est investi dans l’organisation de cette journée. Présent au sein de la Zone d’Occupation Féministe installée au Vieux-Port, nous avons tenu un stand tout l’après-midi, de 14h à 16h.

Cet espace a été un véritable lieu de rencontres et d’échanges. Entre prises de parole, chants engagés et performances artistiques, notamment de danse, il a permis de faire vivre un féminisme ancré dans le collectif, la culture et la transmission.

Des salariées ont également pris la parole sur Radio Galère pour dénoncer les violences d’État et rappeler l’urgence de défendre l’accès aux droits, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.

Faire front face aux tentatives d’intimidation

Si la journée a été marquée par une forte solidarité, elle n’a pas été exempte de tensions. Des groupuscules d’extrême droite, notamment Némésis et Nous Vivrons, ont tenté de perturber la mobilisation plus tôt dans la journée.

Des heurts ont éclaté sur la Canebière, entraînant des interventions policières pour séparer les différents groupes. Ces tentatives d’intimidation n’ont cependant pas entamé la détermination des manifestants et manifestantes.

Au contraire, elles rappellent une réalité : face à la montée des discours réactionnaires, l’union de nos luttes est plus que jamais nécessaire. 

Du 8 mars 1982 à aujourd’hui : un combat toujours d’actualité

Si le 8 mars est officiellement reconnu en France depuis 1982, sous l’impulsion d’Yvette Roudy et de François Mitterrand, il ne s’agit pas d’une journée de célébration, mais bien d’une journée de lutte.

En 2026, le mot d’ordre porté à l’échelle internationale fait écho à cette réalité : « Droit. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ».

Car au-delà des avancées législatives, les obstacles restent nombreux. Les lois peuvent exister, mais leur application est souvent fragilisée par le manque de moyens, les inégalités territoriales et des normes sociales persistantes. À Marseille, nous le constatons chaque jour : sans services publics solides, sans financements pérennes pour les associations, les droits restent théoriques.

Aujourd’hui, plusieurs structures essentielles sont menacées. Le centre de santé communautaire Le Château en Santé en est un exemple concret. Dans le même temps, les associations comme le Planning Familial subissent des incertitudes budgétaires.

Ces fragilisations ne sont pas anodines : elles remettent directement en cause l’accès effectif aux droits, car sans lieux d’accueil, sans professionnels formés, sans accompagnement accessible, le droit de disposer de son corps devient une illusion.

Pourquoi faire grève un dimanche ?

Le dimanche, une grande partie des activités essentielles repose sur des travailleuses : dans le soin, l’aide à la personne, le ménage, la vente. À cela s’ajoute le travail domestique, invisible et non rémunéré, encore largement assumé par les femmes. Faire grève le 8 mars, même un dimanche, c’est rendre visible ce travail indispensable. C’est montrer que lorsque les femmes s’arrêtent, c’est toute la société qui ralentit.

La mobilisation ne s’est pas limitée au dimanche. Dès la veille, le samedi 7 mars au soir, un rassemblement s’est tenu au Vieux-Port. Ce moment a permis d’honorer la mémoire des personnes victimes de violences. Le bilan de l’année 2025 est particulièrement alarmant : 165 féminicides recensés, 25 personnes trans mortes de mort violente, ainsi que de nombreuses victimes de crimes racistes, islamophobes et de violences d’État, souvent invisibilisées.

Ces chiffres rappellent une évidence : le 8 mars n’est pas une fête. C’est une journée de mémoire, de colère et de mobilisation.

Rejoignez-nous

Le Planning Familial a besoin de soutien pour continuer à agir. S’engager, c’est participer aux mobilisations, relayer les informations, mais aussi soutenir concrètement les structures qui défendent ces droits au quotidien.

 Rejoignez-nous, mobilisez-vous, faites vivre ces luttes.

Pour aller plus loin :

Nous sommes fortes, nous sommes fières, antisionistes antifascistes, contre vos guerres ! 

Retour sur les mobilisations féministes du 8 mars 2026