
Marseillais.es, rejoignez la grève générale féministe ! Marchons pour un féminisme révolutionnaire, anti-militariste, anti-impérialiste et antifasciste !
Dans le monde entier, la situation politique est marquée par le retour des guerres impérialistes et la montée de l’extrême droite, ce qui impacte les femmes et les minorités de genre. Les réactionnaires attaquent notre droit à disposer de nos corps en imposant des politiques austéritaires, anti-avortement, natalistes et autoritaires. De Milei à Orban, de Trump à Poutine, les offensives violentes se multiplient, comme la chasse aux personnes migrantes et LGBTI aux Etats Unis.
En France, Macron parle de « réarmement démographique » après avoir mené des campagnes de stérilisation à Mayotte en 2023. Il nous somme de faire des enfants dans un pays où 4000 postes d'enseignant·es ont été supprimés en 1 an, où la police tue les enfants des quartiers populaires, où les pédocriminels sont multi-récompensés, où l'on menace l'accès aux soins pour les enfants trans, et où le chef d'état major des armées nous demande d'accepter de perdre nos enfants pour leurs guerres. Nos corps ne seront pas l'outil de leurs politiques mortifères et nous ferons des enfants si on veut, quand on veut.
La constitutionnalisation de l'IVG n'est qu'une vitrine. L'austérité détruit concrètement le droit à disposer de nos corps : baisse des subventions des Plannings familiaux, casse de l’hôpital public, fermeture de maternités et de centres de santé reproductive. À Marseille, le centre de santé communautaire du Château en Santé est menacé de perdre la moitié de ses subventions.
Hôpitaux, Ehpad, crèches, écoles : ces métiers dits « essentiels » sont méprisés, sous-financés et soumis à des logiques de marché. Salaires indignes, conditions de travail intenables et pression permanente produisent des violences structurelles. Ce sont des femmes précaires, racisées et les minorités de genre qui sont surreprésentées dans ces emplois, sans reconnaissance. Les travailleur·ses du soin exigent des salaires et des conditions de travail dignes. C’est de notre travail dont la société a besoin, pas des milliardaires. Sans ces tâches essentielles, la société s’arrête.
Au delà du droit à disposer de nos corps, nous sommes toujours les plus exploitées dans le monde du travail. Cette précarité renforce la dépendance économique et empêche trop souvent de fuir les violences conjugales. C'est pourquoi nous continuons inlassablement de rappeler les chiffres de la violence patriarcale : en 2025, 165 féminicides ont été recensés, dont 8 dans les Bouches-du-Rhône. En France, toutes les 7 heures, un homme tue ou tente de tuer sa conjointe ou ex-conjointe ; toutes les 2 minutes 30, un homme viole ou tente de violer une femme ; toutes les 3 minutes, un·e enfant est victime de violences sexuelles. Les violences sexistes, racistes, transphobes, validistes ou âgistes, se croisent et se renforcent.
L’essor de l’IA participe aussi à cette violence : consommation massive de ressources, destruction d’emplois, deepfakes sexuels, harcèlement sexiste, contenus masculinistes et surveillance généralisée.
Si les macronistes, main dans la main avec le PS, font des économies sur la santé et les services publics, c’est pour mieux financer l’armée et préparer la guerre. Pendant que l’éducation et l’université sont abandonnées, ce sont des services militaires qui sont financés, n’offrant plus qu’un avenir sombre à la jeunesse qui a perdu à la loterie Parcoursup. Ce discours guerrier s’appuie sur le nationalisme et la famille patriarcale, nourrissant les idées virilistes et racistes de l’extrême droite. À Marseille, maillon clé du dispositif militaire avec Eurolinks et le port de Fos, la grève des dockers a déjà montré sa capacité à enrayer cette machine de mort. La grève féministe doit bloquer la production et la logistique militaires.
Ces attaques s'accompagnent d'un durcissement autoritaire. En France, la répression s’intensifie, notamment contre les femmes et le mouvement féministe : perquisition de la librairie lesbienne Violette and Co pour un livre sur la Palestine, répression des femmes musulmanes à l’hôpital public, interdites de porter un calot, interdiction des manifs féministes de nuit. À Marseille, cette logique sécuritaire, réactionnaire, et raciste est visible : présence démultipliée de la police dans les rues, traque des personnes sans papiers, contrôle des vendeurs.ses de l'économie informelle, fermeture du marché du soleil et des épiceries de nuit, harcèlement de lieux queer comme le Boom et la Murisserie, menaces de supprimer les subventions pour les organisations utilisant l’écriture inclusive, interdictions de manifester en soutien à la Palestine et au Rojava, arrêt du projet de la Halte Soin Addiction, agrandissement de la prison des Beaumettes. Une victoire a été obtenue avec l'annulation de la fermeture de la mosquée des Bleuets. Mais l'islamophobie et l'antisémitisme explosent, nourris par des politiques racistes.
Nous ne pouvons rien attendre d’un appareil d'Etat punitiviste qui précarise massivement les femmes et minorités de genre, réprime nos luttes et couvre les auteurs de VSSG. Notre féminisme est anti-carcéral et anti-police : la prison et la police sont des outils de contrôle social qui ciblent en priorité les classes populaires et les personnes racisées. Nous devons nous organiser en dehors des logiques répressives de l’État. Cette répression vise aussi les travailleur·euses du sexe, notamment avec la loi de pénalisation des clients, qui accroît leur précarité et leur exposition aux violences. Nous exigeons son abrogation et demandons aux syndicats de revenir sur la prise de position unitaire en soutien à cette loi.
Nous dénonçons la récupération du féminisme à des fins racistes, fascistes et impérialistes : que ce soit pour justifier des ingérences en Iran, soutenir la politique coloniale et génocidaire d’Israël comme le fait l'organisation Nous Vivrons, ou pour traiter l’affaire Epstein sous des angles antisémites, comme le font certains groupes ou médias prétendant se réclamer du féminisme. Alors que l'Assemblée Nationale respecte une minute de silence pour un militant néo-nazi quelques semaines avant les élections municipales, nous pensons qu'il faut faire front contre le groupe identitaire pseudo-féministe Némésis et tous les fascistes partout où ils et elles essaieront de s'organiser. L’État n’est pas un rempart face aux fascistes, dont les cortèges sont systématiquement protégés par la police. Solidarité avec les femmes et les peuples du monde entier : en Iran, en Palestine, au Congo, au Soudan, aux USA, au Rojava, en Afghanistan, au Turkestan Oriental, en Ukraine, en Kanaky, au Venezuela.
Comme nous défendons l'autodétermination des peuples, nous défendons l'autodétermination de nos corps et de nos identité, un investissement massif dans la santé et l'éducation, et le libre accès à la transition : dépsychiatrisée, déjudiciarisée, et prise en charge à 100 %. Nous luttons pour la dignité de chacun.e de vivre dans de bonnes conditions et dénonçons une loi sur la fin de vie qui masque l’abandon des politiques de soin et l’austérité imposée aux plus vulnérables. Nos luttes sont donc antivalidistes et transféministes ! Nous défendons un féminisme qui porte un projet politique pour toutes et tous : contre l’exploitation, toutes les oppressions et discriminations : raciste, sexiste, validiste, infantiste, putophobe et transphobe. Pour arracher tout ça, nous devons construire le rapport de force ! Notre stratégie : la grève ! Une journée de grève, c’est mettre à l’arrêt la société et interrompre le flux de la vie quotidienne. Le 8 mars 2026 est un dimanche, et ce sont majoritairement les femmes qui sont contraintes de travailler ce jour là, dans les secteurs du soin, de l'aide à la personne, du ménage et de la vente. Nous sommes essentiel·les, montrons-le en nous arrêtant. À nous de construire un monde féministe et de repenser l’organisation sociale de manière collective et solidaire. RDV au Vieux-Port à 14h le 8 mars pour une zone d'occupation féministe, puis manifestation ! TRAVAIL SALARIÉ, TRAVAIL DOMESTIQUE, SI ON S’ARRÊTE : LE MONDE S’ARRÊTE !
